• Les indésirables

    Les indésirablesTitre français : Les indésirables (2018)

    Auteure : Diane Ducret (France)

    Langue : française

    Edition : Flammarion

    Résumé : Au début de la Seconde Guerre mondiale, Eva et Lise, deux amies jugées indésirables, sont internées par l'Etat français dans un camp au beau milieu des Pyrénées. Recréant un cabaret, elles chantent et dansent l'amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français.

     

     

     

     

    Mon avis :

    Au départ, j'ai eu envie de lire ce livre parce que je croyais qu'il y avait une histoire d'amour entre deux femmes. Ce n'est absolument pas le cas. Pour autant, j'ai adoré ce roman.

    En mai 1940, tous les hommes ainsi que les femmes célibataires et mariées sans enfants d'origine étrangère de pays non alliés à la France ont été internés dans des camps. Ici, nous suivons le parcours de deux femmes qui se sont lié d'amitié dans le camp de Gurs dans le sud de la France, près de la frontière espagnole. On découvre donc la vie, si je puis dire, là-bas.

    Ce récit est inspiré de faits réels, mais oubliés. L'auteure nous explique qu'il reste peu de sources officielles car la plupart ont été brûlées. Alors elle s'est surtout appuyée sur des témoignages de prisonnières. Car même si on n'arrêtait pas de leur dire que c'était pour leur sécurité, ils ont bel et bien été enfermés contre leur gré, alors même qu'ils étaient venus en France chercher refuge. Les deux protagonistes ont été inventées, mais certains personnages se sont bien retrouvés dans ce camp, tels que le chef de camp Davergne, ou l'actrice Dita Parlo.

    L'amitié entre Eva et Lise est centrale dans le récit, elle est forte et nécessaire. Avoir une attache pour survivre. Il y a bien sûr la vie au camp, la répartition des prisonniers dans les cabanes, l'hygiène, la nourriture. Mais le passé est aussi important. D'où viennent ces femmes, comment se sont-elles retrouvées ici, pourquoi. On ne peut que s'attacher à ces femmes, se révolter contre leur sort, compatir à leur douleur et espérer avec elles, pour elles. Le camp de Gurs "accueillait" également des hommes. On découvre la proximité entre les deux genres, qui nous offre d'ailleurs une belle histoire d'amour, qui deviendra un symbole encore plus fort d'espoir pour tout le monde.

    C'est la première fois que je lis un roman de Diane Ducret et je dois dire que c'est beau. C'est poétique, c'est doux, c'est tendre, malgré les horreurs que ça narre parfois. A chaque fin de chapitre, elle laisse un poème, qu'elle a écrit elle-même je pense, ou bien d'une poétesse connue (Hannah Arendt surtout, c'est indiqué). Et quelle fin ! Encore plus chargée d'émotions que le reste du livre. On retient son souffle. La couverture me plaît beaucoup et représente bien les protagonistes.

    Diane Ducret nous offre une très belle histoire, pour raviver et commémorer le souvenir de ces femmes indésirables.

     

    Note : 18/20


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :