• La maison dans laquelle

    La maison dans laquelleTitre français : La maison dans laquelle (2016)

    Titre original : Dom, v kotorom... (2009)

    Auteure : Mariam Petrosyan (Arménie)

    Traducteur : Raphaëlle Pache

    Langue : française

    Edition : Monsieur Toussaint Louverture

    Résumé : Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d'avant. Dans la  Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l'amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l'existence, et même quand vous serez  seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s'écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l'idée de devoir la quitter. Ensorcelante évocation de l'adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d'amour à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse. Mariam Petrosyan a réussi à créer un univers bariolé, vivant et réaliste, pétri de cette nostalgie et de cet émerveillement que nous avons tous au fond de nous et qui fait que, parfois, nous refusons de grandir et d'affronter la brutalité du monde qu'on appelle la réalité.

    Mon avis :

    J'ai repéré ce livre dans les nominés du prix Livraddict 2016. Je n'ai pas pu le lire à temps pour le vote malheureusement, autrement je l'aurais choisi sans hésiter.

    La Maison accueille des élèves différents qui ne sont acceptés nulle part ailleurs ou dont les parents ne peuvent s'occuper ou ne veulent même plus les voir. On suit la vie de tout ce petit monde avec les professeurs. Dans la Maison, il se passe des choses étranges parfois. Cependant, peu importe ce que recèle cette maison, tout les habitants semblent craindre l'Extérieur.

    Par où commencer ? C'est un livre tellement épais et intense. Le contenu est très dense, il se passe énormément de choses. Des événements étranges donc et inexpliqués mais qui n'ont aucunement besoin d'être compris. Tout ce qu'on a besoin de savoir, c'est que c'est la Maison. La Maison est pleine de surprises, un personnage à part entière, à mon avis. Quasiment tout le roman se déroule à l'intérieur de cette maison et dans sa petite cours attenante. Le reste, on préfère le taire, faire comme si l'Extérieur n'existait pas. Pour autant, les événements n'ont pas l'air tant extraordinaires individuellement, mais le tout donne vraiment un résultat étonnant.

    Vu la taille du roman, je me suis dit que j'avancerais lentement et sans trop d'attentes. J'ai bien fait. L'histoire démarre lentement, ça prend un certain nombre de pages pour poser le décor et comprendre plus ou moins dans quoi on s'est aventuré. Ensuite, c'est tout simplement fascinant et passionnant, impossible à lâcher. Bien sûr, il faut s'accrocher un minimum, les personnages sont multiples et pourtant tous parfaitement travaillés. On les découvre soit par leur propre narration, soit par le point de vue des autres. Et je trouve cela très intéressant de comparer ces deux approches sur un même personnage. Cependant, c'est le personnage de Chacal Tabaqui qui m'a le plus marquée parmi tous ces élèves. Certains sont naïfs, d'autres inquiétants voire dangereux. J'ai aussi été agréablement surprise par la situation des personnages. C'est quelque chose que je croise rarement dans la littérature que je lis, donc ça change. Mais je ne vous en dirai pas plus pour ne pas gâcher l'effet de surprise.

    Des rebondissements sont présents bien sûr, mais pas trop soudains ; dans le sens où le changement s'effectue sur plusieurs pages et on est au final pas tant étonné que cela. Pour autant on voit bien que le récit évolue. Arrivée au trois quart, je commençais à me demander comment toute cette histoire allait se terminer. J'ai deviné un peu avant que ce soit clairement annoncé. Cette fin est à la fois un soulagement (après 950 pages) et une tristesse de quitter tout ce beau monde, surtout de cette façon. J'avais également saisi les possibilités et les plans des personnages dans le dénouement.

    Ce que je regrette dans l'épilogue, c'est qu'on se concentre sur certains personnages seulement. J'aurais aimé en savoir plus sur l'autre groupe, pour autant je suis réconfortée de les savoir où ils sont. Autre petite contrariété : un manque d'explication sur le sort de certains personnages à la fin ou en cours de lecture, ou d'autres éléments tels que la création des groupes (d'ailleurs j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de groupe 5 alors qu'on parle très souvent du groupe 6).

    Le style d'écriture joue évidemment un rôle dans ma lecture : c'est vraiment bien écrit, ça devient addictif au fil des pages. Tout comme les personnages, l'intrigue générale est maîtrisée de bout en bout par l'auteure. Il faut dire qu'elle a pris le temps de tout peaufiné (10 ans si je me souviens bien). Il est vraiment important de tout bien suivre car par la suite, on repère des liens entre le moment présent et les passages passés. Hors ces liens ne sont pas indiqués noir sur blanc, c'est au lecteur de s'en rendre compte par lui-même.

    En gros, j'ai totalement adoré ma lecture, c'était fascinant. C'est vraiment un livre unique en son genre, on est assuré de lire du nouveau, du jamais vu ou presque. Et je vous conseille vivement ce roman ; ne vous arrêtez pas au nombre de pages.

     

    Lu dans le cadre des challenges # 67# 73 et # 74

    Note : 18/20

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